LEPAON TACLE HOLLANDE
Publié le 11 Janvier 2014
LEPAON TACLE HOLLANDE
Le secrétaire général de la CGT reproche au président de la République de répondre ≪ point par point ≫ au programme du Medef. Le syndicat entend peser sur la vague de reformes a venir.
jeudi 9 janvier 2014
C'est sur un bilan ≪ extrêmement sévère ≫ de l'année écoulée que Thierry Lepaon a dresse les perspectives
de la CGT pour celle qui s'annonce.
Face a la presse et entoure de plusieurs membres du bureau confédéral (Agnès Naton, Sophie Binet, Eric Aubin et Mohammed Oussedik), le secrétaire général de la confédération a vivement critique le bilan économique de François Hollande (initiative sur la ≪sécurisation de l'emploi≫, reforme des retraites), dont les vœux prononces il y a quelques jours annonçant le lancement d'un ≪pacte de responsabilité≫ avec le patronat répondant ≪point par point au programme revendicatif du Medef ( ), ont indéniablement marque un tournant≫.
Pour la CGT, qui fustige ≪le plan com de Michel Sapin≫ sur l'emploi, ≪le choix est maintenant clairement assume de favoriser les cadeaux aux actionnaires en opérant un transfert massif des cotisations et impôts depuis les entreprises vers les ménages et en diminuant l'investissement public≫. La
CGT, qui milite de longue date pour la mise en place d'outils permettant d'évaluer l'efficacité des aides publiques, dénonce un pacte sous forme ≪d'effet d'annonce dont nul ne connait réellement les contours≫. Engager une dynamique de rassemblement
Face a une politique publique résolument libérale, le premier syndicat de France compte peser de tout son poids dans les reformes engagées, assurance chômage, formation professionnelle, élections prud'homales, etc.
Une liste de ≪défis≫ que la CGT entend bien relever, en intersyndicale ou non. En fin de semaine, une déclaration commune de la CGT, de la CFDT, de la FSU et de l'UNSA devrait être connue, répondant a la nécessite d'≪engager une dynamique de rassemblement des organisations syndicales autour des revendications essentielles des salaries, et pour relancer, avec la Confédération européenne des syndicats (CES), l'investissement industriel en Europe et la création d'emplois de qualité≫, a rappelé, hier, Thierry Lepaon. Pour autant, une position unitaire des quatre confédérations sur le pacte de responsabilité n'est a priori pas a l'ordre du jour, a précise Mohammed Oussedik.
Concernant le projet ≪touchant à la formation professionnelle, à la démocratie sociale, à la représentativité syndicale, au financement des organisations syndicales et a l'inspection du travail≫ et que le gouvernement mettra sur la table du Conseil des ministres dans les prochaines semaines,
Thierry Lepaon a déclare hier : ≪D'une façon générale, ce projet de loi manque d'ambition et comporte même des points particulièrement régressifs comme la suppression des élections prud'homales.≫ ≪Nous arrivons au bout du système de négociations ou le ministre n'est pas présent mais décide de l'ordre du jour, des négociations aux suspensions de séances a rallonge qui favorisent les réunions secrètes et les conciliabules≫, a déclare Thierry Lepaon qui milite en parallèle pour la création d'un lieu dédie aux négociations de ce type, ≪pourquoi pas la salle de Grenelle ?≫, a-t-il ajoute.
Quant a la négociation sur la convention sur l'assurance chômage, qui s'ouvrira le 17 janvier prochain, la CGT, qui rappelle qu'≪aujourd'hui un chômeur sur deux seulement est indemnise≫ fait d'≪une meilleure indemnisation des chômeurs≫ une ≪priorité≫. La confédération a remis sur la table la liste de ses propositions en termes notamment de droits rechargeables, de droit a la formation et de sanctions financières contre ≪les employeurs abusant des contrats courts et des temps partiels≫. ■
L’Humanité
par Marion D'allard